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Premier contact à Madagascar

Mis à jour : 31 juil 2018

Notre premier voyage a pris fin il y a quelques jours. Le but était d’établir un premier contact avec les personnes qui pourraient et souhaiteraient nous aider à réaliser notre premier projet et de récolter le plus d’informations possibles et nécessaires.

Après avoir rencontré plusieurs Mairies, nous avons décidé de travailler avec l’équipe de la Mairie d’Antehiroka, composée de neuf quartiers (chacun dirigé par un Chef de quartier ou Chef Fokontany « FKT »). Nous avons choisi la Mairie d’Antehiroka comme Mairie pilote de notre projet car le nombre de quartiers qui la compose reflète un objectif réalisable/faisable et réaliste pour notre première implémentation. L’équipe de la Mairie nous a accueillie avec beaucoup d’intérêt, de motivation et de dynamisme.

Antehiroka est composé de 83 000 habitants, 0,55% de ces derniers (soit 462 personnes) représente les bénéficiaires de première notre action, des personnes luttant pour survivre. Afin que l’implémentation se fasse basée sur des informations correctes, chaque Chef de quartier nous transmettra le nombre de personnes concernées de leur zone avant le 31 juillet 2018.

Pendant nos deux séances de travail, il a été également évoqué que des produits de matières recyclables sont nécessaires, en plus de la nourriture, des vêtements et des produits d’hygiène corporelle. Cette information nous a donc mené à prendre la décision d’agrandir la taille des bornes solidaires.

Sur les 9 chefs de quartier, seul un (Ankadivory) a refusé que de la nourriture soit déposée dans la borne solidaire de son quartier. Les 8 autres Chefs de quartier ont accepté les dépôts des aliments de premières nécessité (riz à cuire, boîtes de conserves, café, sucre, …), vêtements, produits d’hygiène corporelle ainsi que les produits recyclables.

Deux Chefs de quartier (Amboarohy et Antanetibe) nous ont également expliqué leur inquiétude dues au fait qu’à plusieurs reprises de nombreuses associations ont promis des aides mais n’ont malheureusement pas pu tenir leur promesse. Nous avons donc conscience que cette inquiétude pourra potentiellement compliquer l’approche des personnes que nous voulons aider lorsque nous essaierons d’établir une relation de confiance.

Nous avons maintenant entamé notre prochaine en phase de travail : la campagne de sensibilisation sur le « changement d’habitude » pour deux populations:

- Les personnes que nous souhaitons aider : après des séances de travail il nous a été expliqué que certaines familles vivent dans les rues de part une « habitude » générationnelle. De ce fait, il serait difficile de les convaincre d’adopter de nouvelles habitudes, autres que celles qui nous paraissent inacceptables pour un être humain mais qui sont devenues pour eux et ce, depuis des générations, des habitudes quotidiennes normales (par exemple : obtenir leur nourriture des poubelles des rues, dormir dehors, ne pas aller à l’école). Ces familles ne trouvent pas forcément de motivation à quitter leur vie de rue à cause d’une forme de « liberté » qu’elles ont toujours connue, mais également dû à un certain « contentement » de trouver un strict minimum nécessaire à leur survie de par les objets à revendre qu’ils trouvent dans les poubelles et des restes de nourriture. De par cette difficulté, certains Chefs FKT pensent que les 4 mois de campagne de sensibilisation que nous avons pour l’instant prévus ne seraient pas suffisants, cependant notre objectif de poser la 1ère pierre avant Noël reste d’actualité. Nous avons conscience que le travail de sensibilisation sera un travail de longue haleine, nous l’approcherons donc de manière continue même au-delà des 4 mois prévus à l’origine.

- Les donateurs : aujourd’hui nous ne pouvons nier que beaucoup de personnes à Madagascar ont déjà adopté certains gestes de solidarité. Nous souhaitons non seulement continuer à ce que ces gestes deviennent ancrés dans la culture, mais aussi à agrandir le cercle de personnes qu’elles aident déjà : nous souhaitons arriver à élargir leur cercle de partage. Ayant l’énorme chance d’avoir un toit et de quoi se nourrir à Madagascar, modifier quelques habitudes afin de rendre la vie de nos semblables plus humaine devient primordial : au lieu de jeter les produits recyclables (bouteilles en plastique, conserves, sachets en plastique…), celles-ci pourraient être rassemblées et déposées dans nos bornes solidaires, afin d’éviter qu’une grande partie de la population à fouiller les poubelles. De cette manière, nous espérons pouvoir leur rendre leur dignité en tant qu’être humain.